Québec - Québec au 3e rang au Canada pour les mortalités dues au cancer
08
04
2008
(PC-MC) - La région de Québec est l'une de celles où l'on meurt le plus du cancer au Canada, après celles de la Montérégie et de Hamilton, en Ontario. Et dans la région, c'est le secteur Basse-Ville-Limoilou-Vanier qui remporte la triste palme.
La Direction de santé publique de la Capitale-Nationale publiait mardi son deuxième rapport sur l'état de santé de la population de la région, le premier remontant à 2002. Un document encourageant à maints égards, mais également porteur de quelques points sombres.
Ainsi, il est intéressant de constater que les maladies cardiovasculaires ont grandement diminué et ne sont plus la première cause de décès. Mais c'est au cancer que revient maintenant ce titre, avec un décès sur trois en 2002-2004. Celui du poumon est le plus meurtrier pour les deux sexes, suivi de celui du sein chez les femmes, et du cancer colorectal chez les hommes.
L'une des meilleures nouvelles de cette étude est certainement l'impressionnant gain enregistré en matière de tabagisme chez les 12-19 ans. Le taux d'adeptes est en effet passé de 27,1% en 2000 à 18,1% en 2005. De quoi espérer que le cancer du poumon perdra lui aussi des plumes dans les prochaines décennies. Présentement, note le directeur de santé publique, Dr François Desbiens, la région vit le contrecoup du nombre élevé de fumeurs pendant les dernières décennies. Près de 60% des hommes fumaient il y a une trentaine d'années! rappelle-t-il.
Selon lui, la seule sensibilisation ne suffit pas à faire changer les comportements néfastes, il faut aussi des politiques publiques, et c'est ce que le tabagisme illustre. Des lois comme celle interdisant de fumer dans les édifices publics ont contribué largement à la diminution du nombre de fumeurs, croit-il.
Il souhaite toutefois que les efforts se poursuivent, car le tabac est responsable de 50% des cancers, et pas seulement celui du poumon.
Il espère également que la politique de lutte à l'obésité adoptée par Québec à l'automne produira elle aussi des résultats, car il s'agit là justement de l'un des points sombres du portrait. La population présentant un surplus de poids est ainsi passée de 29,3% en 1987 à 43,6% en 2005, soit quelque 240 000 personnes, dont le quart sont obèses.
Le port du condom en baisse
Le Dr Desbiens s'inquiète par ailleurs de la hausse marquée des infections transmissibles sexuellement ou par le sang (ITSS). Car s'il y a de plus en plus d'actions musclées contre le tabagisme et l'obésité, ce n'est pas le cas en cette matière, dit-il.
Les changements de programmes en milieu scolaire ont eu un impact négatif sur l'éducation sexuelle, selon lui. À l'heure où le sida n'est presque plus mortel grâce à la trithérapie, nombre de jeunes ont des comportements sexuels à risque. La baisse du port du condom a entraîné des éclosions marquées de chlamydia, gonorrhée et de syphilis.
«Il y a certainement un plan d'action à se donner qui n'existe pas encore», commente le Dr Desbiens.
Histoire de clore sur une note positive, notons cependant que 97% de la population se perçoit en bonne santé mentale.
Le rapport statistique et son analyse peuvent être consultés sur le site Web de la Direction de santé publique : www.dspq.qc.ca.
Publié par : Marcel Charland à 17:58:39Permalien
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